Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 (LF 2026), art. 2 ; CGI, art. 224

CDHR prorogée par la loi de finances pour 2026 : quels clients doivent verser l'acompte du 1er au 15 décembre 2026 ?

L'article 2 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026 (JO du 20 février 2026) proroge la contribution différentielle sur les hauts revenus (CGI, art. 224) créée par la loi de finances pour 2025 : elle s'applique aux revenus 2025 et suivants, jusqu'à l'année pour laquelle la loi de résultats constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du PIB. Les foyers dont le revenu de référence dépasse 250 000 € (500 000 € en imposition commune) et dont l'imposition n'atteint pas 20 % de ce revenu doivent verser, entre le 1er et le 15 décembre 2026, un acompte égal à 95 % de la contribution estimée sur leurs revenus 2026.

Entrée en vigueur envisagée : Revenus 2025 et suivants ; acompte du 1er au 15 décembre de chaque année

En vigueurpromulguée le 19 février 2026, JO du 20 février 2026 ; commentaires BOFiP du 30 juin 2026

Mis à jour le

En résumé

  • Prorogation sans terme fixe : revenus 2025 et suivants, jusqu'à l'année pour laquelle le déficit du budget général est constaté inférieur à 3 % du PIB (LF 2025, art. 10, IV A modifié).
  • Seuils inchangés : 250 000 € (personne seule) et 500 000 € (imposition commune) ; taux minimal de 20 % ; décote jusqu'à 330 000 € / 660 000 €.
  • Revenus exceptionnels — exceptionnels par leur nature ET par leur montant, cumulativement — retenus pour le quart de leur montant (BOI-IR-CDHR-20, § 10 à 60).
  • Acompte annuel du 1er au 15 décembre : 95 % de la contribution estimée ; majoration de 20 % en cas de défaut ou d'insuffisance de plus de 20 % (BOI-IR-CDHR-30, 30 juin 2026).

Ce que dit le texte

Créée par l'article 10 de la loi de finances pour 2025 pour la seule imposition des revenus 2025, la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR) est prorogée par l'article 2 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, qui modifie cet article 10 — en y insérant notamment un III bis — et l'article 224 du CGI. Elle est désormais « applicables à compter de l'imposition des revenus de l'année 2025 et jusqu'à l'imposition des revenus de l'année au titre de laquelle le projet de loi relative aux résultats de la gestion [...] constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du produit intérieur brut ». Adopté en lecture définitive après échec de la commission mixte paritaire (dossier législatif), le texte n'a pas été censuré sur ce point (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026). L'administration a publié ses commentaires le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR). La rédaction de l'article 224 issue de cet article 2 est elle-même « applicable à compter de l'imposition des revenus de l'année 2026 » : l'imposition des revenus 2025 reste régie par la rédaction antérieure.

Qui est redevable

Les contribuables domiciliés en France dont le revenu de référence excède « 250 000 € pour les contribuables célibataires, veufs, séparés ou divorcés et 500 000 € pour les contribuables soumis à une imposition commune » (BOI-IR-CDHR-10, § 80). Ce revenu part du revenu fiscal de référence, retraité selon les § 90 à 110. Les revenus exceptionnels — ceux qui le sont « à la fois par leur nature et leur montant » (§ 10) : un revenu « qui, par nature, n'est pas susceptible d'être recueilli annuellement » (§ 20) et qui, en outre, « dépasse la moyenne des revenus nets d'après lesquels le contribuable a été soumis à l'impôt sur le revenu au titre des trois années précédant celle de la perception dudit revenu » (§ 60) — sont retenus pour le quart de leur montant, de même que l'impôt correspondant (BOI-IR-CDHR-20, § 10 à 60, 130 et 160).

Comment elle se calcule

La contribution est égale à la différence, lorsqu'elle est positive, entre 20 % du revenu de référence et la somme de l'impôt sur le revenu, de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CGI, art. 223 sexies) et des prélèvements libératoires, majorée de 1 500 € par personne à charge et de 12 500 € pour une imposition commune (§ 240 et 360). Une décote lisse l'entrée dans le dispositif lorsque le revenu de référence est inférieur ou égal à 330 000 € (660 000 € en imposition commune). Elle ne s'impute pas sur la contribution : c'est le montant résultant de l'application du taux de 20 % au revenu de référence qui est diminué, avant imputation de l'impôt et des majorations pour charges de famille, de la différence, lorsqu'elle est positive, entre ce montant et 82,5 % de la différence entre ce revenu et 250 000 € (500 000 € en imposition commune) (§ 370). Exemple administratif : un couple avec un enfant à charge déclarant 100 000 € de salaires, 60 000 € de produits de brevets, 200 000 € de revenus mobiliers, 450 000 € de plus-value et 3 000 € de dons doit 31 074 € (§ 380).

L'acompte de décembre

Le III bis de l'article 10, inséré par l'article 2, impose chaque année « le versement d'un acompte entre le 1er et le 15 décembre de l'année d'imposition », égal à « 95 % du montant de la contribution estimé par le contribuable » (BOI-IR-CDHR-30, § 40 et 50), à partir des revenus réalisés au 1er décembre et d'une estimation de ceux du mois de décembre (§ 60). Le paiement s'effectue depuis l'espace personnel sécurisé sur impots.gouv.fr, rubrique « Prélèvement à la source » ; un simulateur de calcul est proposé à la rubrique « Particulier » (§ 70) ; l'acompte s'impute sur la contribution liquidée l'année suivante, l'excédent étant restitué (§ 80). Une majoration de 20 % s'applique « en cas de défaut ou de retard de paiement », ou si le montant versé est inférieur de plus de 20 % à 95 % de la contribution due (§ 110). Pour les revenus 2026, les revenus soumis aux prélèvements libératoires mentionnés au c du 1° du IV de l'article 1417 du CGI ne sont pas pris en compte lorsque ces prélèvements ont été effectués avant la publication de la loi, le 20 février 2026 (art. 10, IV C).

Qui est concerné

Les clients de votre portefeuille visés par ce texte

  • Dirigeant ayant cédé son entreprise en 2026

    Plus-value au prélèvement forfaitaire unique : taux d'impôt sur le revenu du foyer inférieur à 20 %. La règle du quart atténue la contribution sans l'annuler : à simuler avant le 1er décembre.

  • Foyer aux revenus surtout mobiliers

    Revenu de référence supérieur à 500 000 € composé de dividendes et de coupons au taux forfaitaire : le taux moyen d'imposition se situe fréquemment sous 20 %.

  • Contribuable proche des seuils (250 000 à 330 000 €)

    La décote réduit fortement la contribution, mais l'acompte reste dû dès qu'elle est positive ; une estimation trop basse de plus de 20 % coûte une majoration de 20 %.

  • Client déjà redevable au titre de 2025

    L'acompte de décembre 2025 s'impute sur la contribution liquidée en 2026 (§ 80) ; le mécanisme se répète en décembre 2026, puis chaque année tant que le déficit du budget général dépasse 3 % du PIB.

Côté cabinet

Ce qu'il faut faire maintenant

  1. 01

    Identifier les foyers concernés avant le 1er décembre

    Extrayez les clients dont le revenu fiscal de référence 2025 dépassait les seuils ou qui ont réalisé un événement exceptionnel en 2026 (cession, dividende exceptionnel) ; projetez leur revenu de référence et leur taux moyen 2026.

  2. 02

    Chiffrer l'acompte avec le simulateur de l'administration

    Du 1er au 15 décembre, versement depuis l'espace personnel sécurisé impots.gouv.fr, rubrique « Prélèvement à la source » (BOI-IR-CDHR-30, § 70). Conservez le détail de l'estimation : une insuffisance de plus de 20 % entraîne une majoration de 20 % (§ 110).

  3. 03

    Revoir les arbitrages de fin d'année avec l'expert-comptable

    Report ou étalement d'une cession, versements déductibles, option pour le barème progressif : chaque levier modifie le revenu de référence et l'impôt retenu dans la formule. Modélisez les deux effets avant de conseiller.

À envoyer

La note à vos clients concernés

Rédigée à partir de cette analyse, au format Word, en-tête neutre. Vous la relisez, l'adaptez à votre portefeuille et l'envoyez sous votre signature.

Aperçu

Contribution différentielle sur les hauts revenus : un acompte à verser entre le 1er et le 15 décembre 2026

La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 2) a prorogé la contribution différentielle sur les hauts revenus, créée pour les seuls revenus 2025 : elle s'applique désormais chaque année tant que le déficit du budget général de l'État reste supérieur à 3 % du PIB. Elle concerne les foyers dont le revenu de référence dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (imposition commune) et dont l'impôt sur le revenu, augmenté de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, n'atteint pas 20 % de ce revenu : la contribution comble la différence.

Note client

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Questions

Ce qu'on nous demande sur ce texte

La CDHR est-elle devenue pérenne ?+

Elle n'a plus de terme fixe : elle s'applique aux revenus 2025 et suivants, jusqu'à l'année pour laquelle la loi de résultats constate un déficit du budget général inférieur à 3 % du PIB (LF 2025, art. 10, IV A, modifié par la LF 2026).

Un client qui a versé un acompte en décembre 2025 doit-il recommencer ?+

Oui, si ses revenus 2026 le placent à nouveau au-dessus des seuils avec un taux moyen inférieur à 20 %. L'acompte est annuel (LF 2025, art. 10, III bis) ; celui de 2025 s'impute sur la contribution liquidée en 2026.

Une plus-value de cession d'entreprise déclenche-t-elle mécaniquement la CDHR ?+

Pas mécaniquement. Encore faut-il que la plus-value soit exceptionnelle par sa nature et par son montant — supérieure à la moyenne des revenus nets des trois années précédentes (BOI-IR-CDHR-20, § 10 et 60) ; elle est alors retenue pour le quart, ainsi que l'impôt correspondant (§ 130 et 160). Mais une plus-value importante au taux forfaitaire laisse souvent le taux moyen du foyer sous 20 %.

Que se passe-t-il si l'estimation de l'acompte est trop basse ?+

Majoration de 20 % si le versement est inférieur de plus de 20 % à 95 % de la contribution finalement due, comme en cas de défaut ou de retard de paiement (BOI-IR-CDHR-30, § 110).

Luca Penaranda

Fondateur de Curio

Luca Penaranda est le fondateur de Curio, qui lit et recoupe pour les cabinets les textes fiscaux et réglementaires qui touchent leurs clients. Il rédige et met à jour ces pages à chaque étape de la navette parlementaire.

Publié le

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